PIMPIN’ est devenu une pièce très importante du répertoire actuel pour saxophone baryton. J’ai pensé qu’il serait une bonne idée ouvrir le blog de mon site web avec un commentaire personnel sur cette pièce. J’espère que vous le trouvez intéressant.

JACOB TER VELDHUIS (Pays-Bas, 1951) est un des compositeurs les plus médiatiques du panorama musical actuel. Le style de ses oeuvres, une fusion entre la musique classique/contemporaine et la musique moderne, combinée avec des textes très critiques sur des sujets de l’actualité, ont reçu un accueil très favorable d’un public diversifié.

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Signification et structure de Pimpin’

PIMPIN’ a été écrite entre août 2007 et février 2008 et a été dédiée à deux saxophonistes, amis du compositeur, Connie Frigo, des États Unis, et Willem van Merwijk, barytoniste du quatuor hollandais Aurélia.

La bande sonore contient des voix masculines et féminines, contrebasse à cordes, batterie et section à vents. On peut la jouer  en quatuor de saxophones (la partition est vendue avec les quatre parties) avec le baryton comme soliste. Le CD contient deux bandes-son pour jouer en concert la version qui convient la mieux (saxophone baryton solo ou en quatuor).

Le style musical de PIMPIN’ est un funk trépidant de 8 minutes et demies avec des paroles chantées, récitées et parlées en argot utilisé par les proxénètes et les prostitues nord-américains. Les paroles parlent de leur vie et de leurs aspirations.

PIMPIN’ est structurée en six sections qui s’interprètent sans interruption:

1.   MOUTH LIKE AN UZI (m. 1 – m. 29) / [0:00 – 0:44]

Le saxophone baryton double en tout moment la voix. La musique est incisive et puissante.

2.   CHARISMA (m. 30 – m. 102) / [0:44 – 2:54]

Le saxophone baryton devient le protagoniste principal: en plus d’accompagner la voix, il double la ligne de la contrebasse, s’intègre à la section des vents et intervient en brefs solos.

3.   WHY AM I DOING THIS? (m. 103 – m. 129) / [2:54 – 3:44]

Cette partie est la plus lyrique de la pièce. Le saxophone baryton accompagne la voix féminine, qui médite sur le monde cruel dans lequel elle vit.

4.   THE FULL 100% (m. 130 – m. 193) / [3:44 – 5:36]

Le saxophone baryton suit la ligne de la basse et la de la voix. Le funk revient et les paroles sont âcres et agressives à nouveau.

5.   LIKE PICASSO (m. 194 – m. 243) / [5:36 – 6:55]

Le saxophone baryton est joué comme une voix indépendante. Le style funk continue, mais d’une façon plus indolente.

6.   HAHAHAHA (m. 244 – m. 297) / [6:55 – 8:32]

On entend rire tout le temps. Le saxophone baryton est le principal protagoniste de cette partie. Le rythme du funk revient à la moitié de la section et se termine de façon puissante.

Regardez la vidéo:

Comment aborder le travail technique

Pour moi, la principale difficulté technique de PIMPIN’ est la lecture (il y a des changements fréquents de tonalité) et la précision rythmique.

PIMPIN’ contient des éléments de musique moderne comme le « growl » et le « bend » et elle est écrite en notation standard. Il y a des passages très rapides et des passages avec des sauts d’intervalles liés très larges, pour lesquels il faut un bon contrôle de la vitesse des doigts ainsi que du souffle avec le saxophone baryton. Il y a aussi quelques traits au registre suraigu: le SOL5 et le SIb5 et, optionnel, UT6, RE#6 et MI6.

Vous trouverez les paroles avec la partition. Vous y trouverez aussi des indications du compositeur pour l’interprétation en concert, et des conseils de Connie Frigo pour bien la travailler.

Il est très important de bien travailler la partie du saxophone baryton avant la jouer avec la band, comme le remarque Connie Frigo dans ses commentaires. La mise en place n’est pas facile, dûe aux changements de mesures et aux rythmes syncopés et contretemps. Pour bien travailler la mise en place, le CD contient six pistes avec la voix, la basse et le métronome.

Comment aborder le travail interprétatif

C’est sans doute, la partie la plus importante du travail musical, quel que soit son style, une fois résolues les questions techniques.

Les premières fois qu’on joue PIMPIN’ au saxophone baryton peut être assez fatigant. L’oeuvre est exigent techniquement, on a besoin de beaucoup d’énergie interprétative et beaucoup de concentration pendant les 8’32” de durée… et il n’y a pratiquement pas temps de pose!!

À mon avis, on a besoin d’un bon bagage en musique moderne. Il ne faut pas être un expert, mais il faut en avoir écouté beaucoup et comprendre les traits caractéristiques de son  langage. Les styles qu’on peut trouver à PIMPIN’ (funk, rock, jazz…) et le jeu des instruments (voix, basse, section à vents) peuvent constituer une bonne référence.

Les indications de caractère dans a la partition sont rares. Il est donc très important de connaître la signification des paroles, à l’aide de votre bagage musical et aussi votre imagination et créativité, pour bien jouer PIMPIN’ en public avec succès.

Correction au français: Isabelle Chalumeau